L'inquiétante popularité des plateformes de marchés prédictifs
Quel est le lien entre la mort de Khamenei, la chanson Earrings du chanteur Malcolm Todd et la température à l’aéroport d’Orly ?
Toutes trois ont fait l’objet de paris prédictifs controversés sur des plateformes telles que Kalshi ou Polymarket, qui transforment n’importe quel événement en un jeu d’argent.
Comme des paris sportifs, mais appliqués à n’importe quel fait susceptible (ou non) d’arriver.
Dans les derniers mois, deux types de phénomènes se sont intensifiés sur ces plateformes :
D’abord, ce qui ressemble fortement à des délits d’initié :
Comme par hasard, 24h avant les bombardements américains en Iran, plus de 300 paris supérieurs à $1.000 (et même, 16 paris de plus de $100.000) ont été placés sur la probabilité qu’ils se produisent. Bingo.
Un enthousiasme soudain dont a du mal à croire qu’il n’ait pas pour origine des sources bien informées, proches de la Maison blanche.
Et cela, sur des marchés financiers correctement régulés, ça serait bien sûr considéré comme du “insider trading”, et donc complètement illégal.
Deuxièmement, quand on peut parier sur vraiment TOUT, il devient tentant de tout faire pour que la réalité penche du côté sur lequel on a parié.
Alors, quand le 6 avril dernier, la température de la sonde météo de l’aéroport d’Orly a augmenté de 4º en seulement 12 minutes, pour redescendre aussitôt après, soit il s’agit d’un phénomène naturel inédit, soit – plus probablement – des parieurs malins ont trafiqué le thermomètre.
Pareil pour la chanson Earrings de l’artiste Malcolm Todd, qui s’est soudain hissée en première position sur Spotify suite à ce que des bots “écoutent” en boucle 500.000 fois le morceau. Les joueurs ayant misé sur cette chanson sur la plateforme Kalshi ont remporté 20 fois leur mise.
Au-delà de ces entourloupes, c’est l’idéologie derrière ces services qui est profondément inquiétante, fondée sur les travaux de Robin Hanson dans les années 1990, visant à établir une “futurarchie”.
Selon les propres mots du fondateur de Kalshi, l’objectif est de tout financiariser, et de transformer n’importe quelle divergence d’opinion en un actif échangeable.
Et par conséquent, d’obséder une partie croissante de la population afin qu’elle scrute absolument tout le réel afin d’identifier des opportunités sur ces marchés prédictifs.
Ces plateformes interdites en France sont un business florissant aux États-Unis, alors qu’un récent sondage a montré que seuls 4% des Américains les considéraient positives pour la société.
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